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Bora Bora : un sanctuaire marin intégral au cœur du lagon

Publié : 5 février 2026

Depuis décembre 2025, une vaste portion du lagon de Bora Bora est placée sous protection maximale. Classée en réserve naturelle intégrale, cette zone de 574 hectares est désormais entièrement fermée aux activités humaines.

Symbole absolu du lagon polynésien, Bora Bora franchit une étape majeure dans la protection de son environnement marin. Depuis le 17 décembre 2025, 574 hectares de son lagon ont été classés en réserve naturelle intégrale, le niveau de protection le plus strict prévu par le code de l’environnement de la Polynésie française. Une première à cette échelle lagonaire, où toute activité nautique, touristique ou de pêche est désormais interdite.
La réserve s’étend le long du récif sud de Matira, sur un peu plus de sept kilomètres. Elle englobe une bande de 500 mètres côté lagon à partir du récif barrière complétée par 250 mètres côté large océan. Un espace stratégique, à la fois zone de reproduction, de nurserie et de passage pour de nombreuses espèces.

Ce classement est l’aboutissement du programme de recherche et de conservation Bora-Biodiv, lancé en 2019 par la commune de Bora Bora en partenariat avec le Centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe). Les études menées ont mis en évidence une évolution préoccupante de l’écosystème lagonaire : diminution de la taille moyenne des poissons, raréfaction des bénitiers (pāhua) et des oursins (vana), mais aussi impact marqué des activités humaines, notamment lié à la fréquentation touristique et à la pollution sonore.

Du rāhui traditionnel à la protection réglementaire

Entre 2021 et 2022, une large concertation locale a permis d’associer habitants, professionnels et institutions autour d’un principe de protection inspiré du rāhui traditionnel. Le choix s’est finalement porté sur un outil juridique moderne, offrant un cadre clair et opposable pour garantir une protection durable, allant jusque’à l’interdiction totale des usages.

La gestion de cette réserve est confiée à un comité dédié, Tomite Poporāhui, réunissant l’ensemble des parties prenantes. Des dérogations exceptionnelles pourront être accordées, au cas par cas, à condition de respecter strictement les objectifs de conservation. À ce titre, seules les pirogues engagées dans la Hawaiki Nui Va’a pourront traverser la zone lors de la course, sans accompagnement motorisé.
Les prochains mois seront consacrés au balisage précis de la réserve et à l’élaboration d’un plan de gestion pluriannuel, destiné à suivre l’évolution des écosystèmes et à mesurer les bénéfices de cette mise sous cloche.

À Bora Bora, le lagon rappelle qu’il n’est pas qu’un décor de carte postales, mais un patrimoine vivant. En le laissant respirer aujourd’hui, l’île fait le pari de le préserver pour longtemps.

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